• Le comportement d'un cheval n°2

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    Bonjour,voici la 2ème partie ....

     

    www.pegasebuzz.com | Equestrian photography : Stefan Sager

    • 9. le mode de compréhension du cheval: le cheval est un animal intelligent, prêt à comprendre et à assimiler beaucoup de choses, pour peu qu'on veuille bien les lui expliquer. Cela exige de la clarté et de la pédagogie de la part des humains. C'est bien de là que viennent la plupart des problèmes qui affectent les chevaux: ils n'ont généralement pas compris grand chose aux humains car ces derniers s'expliquent très mal. Ils savent ce qu'il veulent obtenir mais ne savent pas demander. Les chevaux qui comprennent mal énervent les humains, ce qui contribue à générer stress, angoisse, résistances et opposition.

     

    • 10. sa faculté à intérioriser: lorsque le cheval a un problème, qu'il ne comprend pas quelque chose, il s'exprime ouvertement en réagissant de différentes manières possibles, jouant sur une gamme allant de la simple contraction de mâchoire à l'éjection du cavalier en passant par divers mouvements d'opposition, des tentatives de fuite, de résistance ou d'agression. Toutes les tentatives d'expression du cheval devraient être reçues, analysées, puis canalisées mais non pas réprimées. La répression seule ne laisse au cheval que le repli sur lui-même, sans résolution du problème qui le perturbe. Un problème, quel qu'il soit, doit être mis à jour pour être efficacement solutionné. L'équitation traditionnelle a plus tendance à contraindre pour solutionner, c'est-à-dire souvent aussi à masquer un problème et à obliger le cheval à l'intérioriser. On ne l'a pas enlevé, on l'a caché, et, tôt ou tard, il ressortira. C'est en établissant un vrai « dialogue » avec le cheval et en lui apportant toutes les explications dont il a besoin pour comprendre ce que l'on attend de lui que l'on supprime les problèmes. L'intériorisation du cheval est donc à éviter.


    • 11. les souvenirs passés: lorsque l'on fait l'acquisition d'un jeune cheval, celui-ci a en général au moins deux ou trois ans, et il a donc déjà vécu un certain nombre de choses, bonnes et mauvaises, mais que l'on ignore. De même, lorsqu'il s'agit d'un cheval plus âgé, il a vécu de nombreuses expériences, dans différents lieux, avec différentes personnes, a parfois « subi » des cavaliers incompétents ou été victime d'évènements traumatisants. Tout cela s'est inévitablement imprimé dans le cerveau du cheval et il en a gardé de impressions, des émotions, des sentiments, agréables ou douloureux, mais qui vont forcément conditionner son comportement. Le cheval a donc des souvenirs qui font partie de lui, et qui l'ont plus ou moins marqué selon sa personnalité individuelle. Un événement qui peut paraître anodin avec une vision humaine, ne l'est pas forcément chez le cheval. Il ne perçoit et ne conçoit pas les choses comme nous, ce qui peut parfois susciter des incompréhensions de la part des humains. De même, deux chevaux différents ne réagiront pas forcément de la même manière au même événement. Il faut donc essayer de cerner les comportements liés à des traumatismes passés, même si les causes réelles sont inconnues. Il est toujours possible de travailler à partir des symptômes observés pour créer un nouveau schéma positif à substituer à des souvenirs incompris.

     

    • 12. le tempérament propre du cheval: c'est lui qui va déterminer un certain nombre de comportements et révéler les caractéristiques propres au cheval en question. Il y a ainsi des chevaux calmes, d'autres plus agités, des anxieux, des téméraires, des craintifs, des tendres, des délicats, mais aussi des maladroits, des patauds. Certains sont intelligents et pleins de finesse, parfois espiègles et malicieux, avec beaucoup d'imagination, d'autres sont plus lents à comprendre les choses, bons élèves mais sans subtilité particulière. Il y a ceux qui vous envahissent et s'imposent, mais aussi les timides et les effacés, ceux qui prendront la place du chef et ceux qui se satisferont d'appartenir au troupeau. Les diversités sont aussi innombrables que les individus. Il est important de déterminer le tempérament individuel d'un cheval, car c'est ce qui va contribuer à comprendre les différents comportements qu'il va adopter face aux évènements auxquels il est confronté. Il ne faut pas attendre d'un cheval un autre comportement que celui que son tempérament de base va lui rendre possible.

       

     

     

    • 13. la personnalité du cheval: c'est elle qui différencie un cheval d'un autre. C'est elle qui transparait lorsqu'il s'exprime, et c'est elle que le « formatage » tente de briser ou au moins de masquer. La personnalité est le fruit du fonctionnement mental du cheval, de son tempérament émotionnel et de son caractère propre. Si elle est ouverte et canalisée, elle peut intervenir très agréablement et très avantageusement dans le travail que le cheval effectue avec l'humain. Lorsqu'un cheval exprime sa personnalité, il émet des opinions personnelles sur son environnement, sur le travail qu'il effectue, il participe avec beaucoup d'énergie et de volonté, peut parfois proposer des innovations personnelles avantageuses, qui enrichissent le travail avec l'humain. Voilà bien un domaine largement méconnu, les personnalités étant la plupart du temps étouffées et bridées, par tradition, par habitude, aussi par peur de ne pas pouvoir maîtriser l'individu qui pourrait se dévoiler, et encore et surtout par confort, la négation de la personnalité du cheval autorisant son emploi, même parfois abusif, pour la seule satisfaction des hommes, sans aucun état d'âme.

     

     

     

    • 14. l'image qu'il a de lui-même: il ne s'agit pas ici de parler du cheval vivant avec ses congénères en troupeau, mais bien du cheval confronté à sa vie parmi les humains. Le cheval a conscience de lui-même, même si le formatage auquel il est soumis ne lui autorise qu'une conscience partielle. La relation que le cheval entretient avec l'humain intervient de manière importante sur l'image que le cheval a de lui-même, sur la place qu'il se donne. Evidemment, il ne se voit pas, mais il a une opinion sur lui-même, qu'il se forge en fonction de ses réussites ou de ses échecs, que les humains lui font ressentir malgré eux. Les réussites et les échecs sont des notions très subjectives qui n'ont pas de sens réel pour le cheval. Cependant, il perçoit parfaitement les réactions et les ressentis humains par rapport à ces concepts. Un cheval est parfaitement conscient qu'il engendre un certain nombre d'émotions chez les humains qui l'entourent: ces émotions humaines qu'il capte sont la joie, la fierté, la peine, la déception, la peur, le stress, la colère, etc... Le cheval reçoit les influences émotionnelles de son cavalier à son sujet et en est invariablement atteint, même si cela se fait de manière subtile. C'est ainsi que, selon ce que l'on renvoie au cheval, il est possible de modifier l'image qu'il a de lui-même. Il est alors possible de rendre un cheval plus confiant en ses capacités, plus sûr de lui, plus courageux, donc plus volontaire, avec une meilleure participation au travail et un réel plaisir, de l'apaiser, de le déstresser. Avec nos chevaux, nous utilisons la valorisation permanente qui consiste à relever systématiquement tout ce que le cheval réussit ou réalise, à reconnaître chacune des réponses qu'il donne à nos demandes, même les plus minimes. Grâce à cela, nous avons pu observer d'étonnants changements dans l'appréciation que les chevaux avaient d'eux-mêmes, avec des bénéfices incontestables dans le travail. Cela peut même aller jusqu'à engendrer des modifications de hiérarchie, des chevaux effacés et discrets commençant à s'affirmer et à prendre d'autres places au sein d'un groupe.

     

     

     

     

    • 15. l'écart entre le cheval et sa fonction: la plupart des chevaux sont destinés à une fonction précise d'après leurs qualités physiques. Or, ce n'est pas parce qu'un individu est physiquement apte ou doué pour une discipline qu'il va automatiquement l'apprécier, ou qu'il possédera un mental adapté à celle-ci. Il serait peut-être bon de réfléchir au fait que toutes les fonctions attribuées au cheval ont été déterminées par les hommes, et que le cheval, quant à lui, même s'il s'y soumet, ne les apprécient pas forcément, ne les comprend pas, et n'y voient aucune utilité. Dans le monde des chevaux, gagner une course, être attelé, évoluer sur un carré de dressage, sauter des obstacles, parcourir des distances très longues pour montrer son endurance, affronter des parcours de cross ou de steeple, promener des personnes sur son dos, tout cela a été inventé par les humains, pour les humains, et ne correspond en rien à la vie naturelle d'un cheval. Cela ne signifie pas qu'il faut abandonner toute activité équestre. Seulement, il serait peut-être possible de se poser la question de la place de l'individu cheval dans tout ceci, de manière à ce que pour lui aussi, les choses deviennent plus agréables. Il faut se rappeler qu'un individu, quel qu'il soit, qui effectue une tâche dans la contrainte, sera toujours moins coopératif et moins performant qu'un autre qui pourra participer en s'exprimant et qui sera respecté pour ce qu'il est. Bien trop souvent un cheval est utilisé malgré lui et contraint, ce qui est largement générateur de conflits, d'oppositions et de traumatismes, l'humain ayant un objectif prioritaire qu'il s'est fixé avec ce cheval, et qu'il veut atteindre à tous prix.

     

     

     

    • 16. les lacunes équestres des cavaliers: c'est certainement la chose la plus difficile à résoudre. Beaucoup de problèmes sont posés au chevaux par le manque de connaissances et de maîtrise équestre, tout-à-fait involontaires bien sûr, de leur cavalier. Je vais prendre un exemple tout simple et très fréquent: un cavalier qui ne maîtrise pas les actions de sa main droite qui est trop fixe, trop dure, toujours trop haute, qui ne cède pas au bon moment, qui se crispe, qui tire, etc... Il s'agit tout simplement d'une main, et beaucoup de cavaliers ont l'expérience d'une partie de leur corps qui est mal positionné et ils savent combien il est difficile de rectifier un tel problème car, dès que l'attention se porte sur autre chose, la partie du corps en question reprend immédiatement sa position et ses actions erronées. Reprenons donc l'exemple de la main. La main tient une rêne, au bout de la rêne se trouve un mors qui agit sur la bouche du cheval. Si nous prolongeons encore la chaîne, la bouche permet d'influer sur la position de la tête, mais aussi sur celle de l'encolure. Cette dernière contribue aux variations de poids qui porte sur les épaules, et donc sur l 'équilibre du cheval, par exemple pour un départ au galop. Un cheval peut donc se retrouver confronté à d'énormes problèmes de départ au galop, simplement à cause d'un problème de main droite de son cavalier. De plus, cette mauvaise main droite, en agissant constamment sur le cheval, aura pour effet d'agir insidieusement sur l'équilibre et donc le positionnement physique du cheval qui va progressivement travailler de manière assymétrique. Cela engendrera alors des problèmes d'incurvation, de raideur, de crispation, et même d'abord à l'obstacle. Il faudra alors rectifier le cheval qui, au départ, n'a fait que subir une mauvaise action de main à laquelle il a du se soumettre malgré lui. Vous voyez que dans ce domaine, les choses sont complexes, et que l'on ne peut qu'encourager les cavaliers à progresser pour épargner leurs chevaux, en pratiquant la remise en cause personnelle et l'humilité. Il arrive malheureusement trop souvent que les chevaux soient accusés alors qu'ils ne sont que les victimes des incapacités humaines.



                                                                                                       

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